
Je m’appelle Mohamed, j’ai 19 ans j’habite aujourd’hui au Bouscat dans un appartement du service autonomie du Samina ADGESSA. Je suis d’origine guinéenne et suis en France depuis l’âge de 15 ans.
Je suis passionné de foot, de cuisine et de musique, j’écoute de tout en fonction de mon humeur.
Comment se sont passés tes débuts en France ?
J’ai d’abord été mis à l’abris au Bouscat et après j’ai été placé à l’internat Bidaia du Samina.
A mon arrivée en France et même en Europe, j’étais perdu et inquiet, je me sentais seul car j’étais arrivé dans un endroit où j’étais tout seul. Je ne savais pas si ça allait bien se passer. Tout était différent au niveau de la culture et de la façon de vivre.
Le plus difficile ça a été d’oublier ce je que j’ai vécu pendant mon parcours migratoire, pour me sentir à l’aise et pouvoir m’intégrer facilement.
Heureusement à l’internat BIDAIA, je pouvais compter sur les éducateurs pour parler, être écouté et me sentir en sécurité. La collectivité avec les autres jeunes, les sorties loisirs et culturelles ça m’a fait vraiment du bien.
Comment s’est construit ton parcours professionnel ?
J’ai fait un test de positionnement pour entrer dans une école pour améliorer mon français et j’ai pu rentrer au lycée Marcel DASSAULT de Mérignac. J’ai eu une bénévole qui m’a vraiment beaucoup aidé à mieux comprendre la langue. Ça m’a permis d’obtenir mon DELF (Diplôme en langue française) niveau B1. En même temps à tout ça, je faisais des stages pour trouver quel métier me correspondrait et j’ai fait beaucoup de journées portes ouvertes dans les écoles professionnelles pour découvrir plus de métiers, car je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire dans le futur.
Après un premier stage en métallerie qui m’a plu, j’en ai fait un deuxième pour confirmer si ça me plaisait vraiment. Avec l’ACRIP, j’ai trouvé une entreprise et j’ai pu intégrer le centre de formation des « compagnons du devoir » situé à Périgueux en Dordogne.
Ça n’a pas été facile au début, car le niveau était très exigeant et j’avais besoin de bien maitriser le français, mais je me suis accroché. J’ai fait beaucoup de révision à la maison et après les cours.
Dans le métier de métallier, j’aime le coté fabrication et création à partir d’une matière brute. Les objets que l’on peut être amené à fabriquer son variés. Par exemple J’ai déjà fait des portails et des gardes corps. Ce weekend, j’ai fait même un escalier.
Et maintenant, où en es-tu dans ton parcours ?
J’ai eu mon CAP serrurier métallier avec « mention bien » en 2025 et là je continue à me former toujours chez les compagnons mais à Coulommiers, en Brevet Professionnel serrurier métallier. Un jour, peut-être que je ferai le « tour de France ». En attendant je me fais de l’expérience et peut être qu’un jour j’aurai ma propre entreprise et je transmettrai mon savoir à d’autres apprentis.
Dans l’ensemble je me sens très bien, ça n’a rien à voir avec mes débuts. Grâce à ma prise en charge, mon entourage, J’ai beaucoup appris sur la vie en France. Être en internat, en alternat et en collocation au service Autonomie m’a aussi appris à vivre en autonomie, mais aussi « ensemble » et à respecter les autres.
Maintenant, je pense avoir fait mon temps car j’ai muri, il faut que je laisse ma place à d’autres jeunes qui ont besoin d’être accompagnés. J’espère avoir bientôt mon propre studio en habitat jeune ou en logement social, pour vivre complètement autonome.
Qu’aimerais-tu dire à un jeune qui viens d’être pris en charge par le SAMINA ?
Je lui dirais de ne pas s’inquiéter car il est entre de bonnes mains et que surtout il doit croire en lui. Le passé est le passé, il doit vivre le présent pour écouter les conseils et apprendre, pour finalement bien s’intégrer.
Merci Mohamed, et nos meilleurs voeux de réussite !


