QUAND LE NEZ REPARE LA MEMOIRE…

L’EHPAD Saint Léon remporte un appel à initiative du Conseil Général des Pyrénées Atlantiques «  Olfactothérapie et lien social »

« Les ateliers d’olfactothérapie recouvrent des activités de stimulation cérébrale auprès des personnes âgées, notamment atteintes de pathologies spécifiques (Alzheimer, démence Parkinsonienne, démence vasculaire…). Grace à l’olfaction, on travaille sur la mémoire psycho-sensorielle (qui est indépendante des autres mémoires qui peuvent être affectées par des troubles neuro-dégénératifs), car l’odorat est le sens directement lié au système limbique, siège de notre mémoire et de nos émotions. Nous avons tous connu cette sensation, souvent agréable, lorsque l’on reconnaît une odeur, elle nous permet de replonger dans nos souvenirs parfois très lointains (les bonbons de notre enfance, l’odeur de la craie sur le tableau noir….). C’est un phénomène fascinant que celui de la mémoire des odeurs.

Notre nez est notre détecteur le plus fin. Nul autre organe sensoriel ne nous transmet des sensations aussi nuancées. Selon les scientifiques, l’être humain est capable de reconnaitre jusqu’à 10 000 odeurs différentes. L’odorat  reste, avec le toucher, le sens le moins touché par le vieillissement. On observe que la forte diminution du potentiel sensoriel de la personne âgée la conduit à se replier sur lui-même et à perdre le contact avec le monde extérieur, favorisant souvent un état dépressif. C’est ça aussi un but de l’atelier d’olfactothérapie : permettre aux résidents de réagir face à la diminution des capacités sensorielles.

Au fur et à mesure des séances, l’olfactothérapie contribue à l’amélioration de la qualité de vie des personnes résidants en EHPAD. Avec cette stimulation sensorielle, la personne âgée reprend confiance en ses capacités, en retrouvant des performances cognitives et de mémorisation, elle peut ainsi renouer le contact en rétablissant une forme de communication avec les autres résidents et participer à des activités d’ouverture sur l’extérieur »  G. COUTEAUX-Olphactothérapeute

Depuis 4 ans maintenant, des ateliers d’olfactothérapie ont été mis en place au sein de l’établissement dans le cadre d’une convention de bénévolat.

Face à l’évolution vers un statut d’autoentrepreneur rendant la prestation payante et face au besoin de prolonger ces ateliers, l’établissement a répondu à un appel à initiative du Conseil Général des Pyrénées atlantiques en septembre 2014.

Il est donc question de pouvoir proposer 4 sorties sur le marché des halles de Pau afin d’y rencontrer des commerçants vendant des produits exploités lors d’un atelier.

Une subvention de 3318 € correspondant à 1OO% du financement de tous les ateliers en interne et des 4 sorties encadrées en bus pour fauteuil roulant a été accordée.

Un questionnaire d’évaluation élaboré par la psychologue de l’établissement permettra de faire évoluer et adapter l’atelier aux souhaits des résidents. Il sera aussi question de pouvoir rendre compte à l’administration ayant financé ce projet fort intéressant.

Cette initiative permet de proposer une animation à visée thérapeutique, ludique et ayant un cout maîtrisé.

Laurent MARQUE-Directeur de l’EHPAD

QUELS OBJECTIFS ?

Sortir de l’isolement et du repli sur soi : les résidents participant à l’atelier ; Stimuler la mémoire et les différentes composantes de la mémoire : faire remonter les souvenirs, les émotions et savoir les restituer ; développer les capacités de concentration et de mémorisation ; Travailler sur la rétro-olfaction : redévelopper le goût et les sensations olfactives et gustatives caractéristiques des saisons ; Procurer un réel bien-être et aider ainsi à lutter contre l’apathie et la dépression ; Créer une véritable dynamique de groupe, en encourageant les échanges autour d’un thème et des souvenirs émergents. Cette dynamique se créé parmi les résidents qui ont à la fois la possibilité de mieux se connaitre et de tisser des relations  amicales ; Proposer des sorties permettant des confrontations directe avec le monde des odorants : sortie en groupe pour redécouvrir les Halles de Pau, possibilité de visiter la coopérative de Gan (cuves de Jurançon et les cultures sous serres d’un Maraicher du village d’Assat) ; Instaurer une continuité de vie et éviter au maximum la rupture dûe à l’institutionnalisation ; Permettre une relation soignant/soigné différente que celle des soins de nursing avec l’aide-soignant.

Face aux odeurs tout le monde se retrouve sur un même niveau, ceci est propice à cette relation privilégiée